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By: Eton • 4 minVictor Rotting, styliste chez Eton, sélectionne trois pièces clés de la nouvelle saison et montre comment texture, silhouette et superposition donnent forme à une garde-robe d’automne moderne.
L’automne est la saison où le style retrouve toute sa profondeur. Les superpositions reviennent, les matières gagnent en relief et les pièces familières s’expriment autrement.
En tant que styliste chez Eton, Victor Rotting travaille précisément ces nuances. Présent dans l’univers du menswear depuis plus de dix ans, il a rejoint Eton en 2021. Aujourd’hui, il contribue à façonner la manière dont les collections prennent vie dans les campagnes et les lookbooks — à travers les proportions, le styling et le dialogue entre les pièces. Pour Fall Winter 2026, il choisit trois pièces qui incarnent une vision contemporaine de la saison.
Chaque pièce occupe sa propre place dans la garde-robe. Ensemble, elles révèlent ce qu’une belle matière peut apporter : de la chaleur, de la profondeur, de la structure et une silhouette plus naturelle. Pour Victor, le styling ne consiste pas à transformer un vêtement. Il s’agit d’en comprendre le potentiel — à travers le tissu, la construction et la proportion.


Le crewneck en mérinos
Un crewneck fin en laine mérinos porté sur une chemise est un classique du vestiaire masculin — précis, discret et intemporel pour de bonnes raisons. La chemise, surtout blanche, apporte de la netteté au look. Le mérinos extra-fin ajoute chaleur et douceur, sans volume superflu. Ensemble, ils composent une silhouette complète, avec de la tenue, mais sans la formalité d’une veste.
Parce que cette combinaison est familière, elle laisse justement place à une interprétation plus actuelle.
« Parfois, il suffit de changer l’ordre des couches pour qu’une pièce familière prenne une toute autre allure. »
Conçu en Italie en laine mérinos extra-fine de Tollegno 1900, le crewneck Eton est suffisamment doux pour être porté à même la peau. Victor inverse l’ordre classique et porte une chemise décontractée par-dessus le knit. Une taille de chemise plus généreuse crée volontairement davantage de volume, tandis que le crewneck, plus près du corps, garde la couche du dessous nette, légère et confortable.
C’est un déplacement subtil, mais l’effet est immédiat. Les pièces restent les mêmes — ce sont la proportion et l’ordre des couches qui changent l’attitude. Un essentiel du vestiaire n’est pas réinventé, mais relu avec plus de précision.

La Soft Jacket croisée
La veste croisée puise ses racines dans la grande tradition du tailoring. Dans cette version, Eton en retire la rigidité formelle pour l’inscrire dans une silhouette plus souple, plus contemporaine.
Réalisée dans une flanelle de laine mérinos à chevrons, tissée par la maison italienne Marzotto, la Soft Jacket associe structure et tombé naturel. Pour Victor, elle devient un point de départ pour redéfinir le tailoring par la texture, la couleur et la superposition.


Pour une expression plus précise, Victor associe la Soft Jacket brun foncé à une chemise habillée bleu clair et une cravate grenadine à rayures brunes. La palette s’inscrit naturellement dans la saison, tandis que le coton lisse, la structure ouverte de la grenadine et la flanelle de laine brossée donnent de la profondeur à l’ensemble. Portée ouverte, la veste reste détendue — élégante, jamais rigide.
Un col roulé ton sur ton modifie à nouveau l’équilibre. Avec moins de contraste, le regard se porte sur les surfaces : la finesse du mérinos contre la flanelle, et le motif chevron qui se révèle subtilement dans la lumière.
« En automne, j’aime laisser les couches et les textures faire le travail. »
Le tailoring reste présent, mais plus détendu, plus souple et plus proche du quotidien.


La chemise en flanelle
Certaines matières définissent l’automne. La flanelle en fait partie.
La chemise est confectionnée dans un twill de coton italien, tissé à partir de fils mélangés double retors qui donnent à la matière une profondeur naturelle. Brossée sur les deux faces, elle offre une douceur immédiate, familière, presque vécue. Sa silhouette décontractée en fait une pièce qui demande peu de styling, tout en affirmant clairement sa présence.
Portée en vert foncé, hors du pantalon, avec un knit gris épais posé sur les épaules, elle devient un layer de week-end assuré. En beige, sur un t-shirt et sous une Flannel Soft Jacket, cette même douceur prend une dimension plus habillée. La palette tonale laisse les matières s’exprimer — chacune avec sa surface, son poids, sa personnalité.
La chemise reste la même. Ce qui change, c’est le contexte : la couleur, la proportion et les couches déplacent l’expression.

Tirer davantage de la garde-robe d’automne
Pour Victor, la force d’un bon guide de style réside dans sa retenue. Une chemise gagne en précision sous un knit. Le tailoring devient plus actuel au contact de textures plus souples. Une couleur en appelle une autre et relie les couches dans un ensemble calme, cohérent et naturel.
Ce sont des pièces menswear familières, choisies pour leur toucher, leur tombé et les possibilités qu’elles ouvrent ensemble. Le look ne devient pas plus fort, mais plus clair. Plus précis. Plus moderne. Une garde-robe d’automne qui évolue par la manière dont elle se porte.












